Hola Señoras y Señores,
Après 3 week-ends - au demeurant fort agréables - de glandouille sur la capitale (on dit qu'on ne connait pas une ville tant qu'on ne s'y est pas ennuyé un peu...ce ne fut pas le cas mais, à
force d'arpenter mes 3/4 quartiers favoris à savoir Barranco, Surco et Chorrillos et, bien que dans une moindre mesure à cause de la hauteur des
édifices, Miraflores, maintenant je m'y sens comme à la maison, dans ma rue les commerçants me saluent et j'aime bien ça...), I'm on the road again, Yeahhhh!!
En effet, ce we (14 et 15 Novembre 2009), je suis partie direction le sud...pour un circuit qui, à première vue, pouvait sembler assez classique mais c'était sans compter sur la part d'inconnu
que réserve chaque voyage...et les innombrables surprises et rencontres qu'elle entraîne, d'autant plus lorsque l'on part seul(e)...
Une escapade calibrée à la minute près, la preuve je suis partie samedi à l'aube, après mon réveil-petit dèjeuner (désormais traditionnel....énorme et délicieux jugo papaya-naranja 3NS + pan
con palta [avocat] 1NS....soit 1Euro le tout à peu près...) au marché Jiron de la Union de mi barrio Barranco (à quelques cuadras de chez moi...) soit vers les 14:00 du
matin......('.')...
Ok, je prépare vite fait le 'tit sac à dos classique (appareils photos+chargeurs, un pull, un slip, un peu de monnaie, mes papiers et ma brosse à dents...à dents!) et zouuuuuuu.....me
jette dans un bus de la compagnie 'Soyuz' (1 départ toutes les 15minutes depuis le terminal central, pratique!) qui dessert les principales villes de la région aux prix les plus
économiques du marché.
Lima>Ica (changement de bus) ...........[Rencontre d'un personnage, mon voisin de siège dans le second bus, 'Eduardo Calle' s'autoproclamant avé fierté et accent "Eduard Street",
75ans et un vieux chapeau très beau, tout un poème! Nous avons discuté pendant près de 2h, il m'a parlé de sa vie et de 4/5 choses importantes apprises avec l'expérience de l'âge (que je me suis
empressée de noter dans mon cuadernito), m'a demandé tout en s'excusant mon nombre de printemps, je lui ai répondu que j'avais l'âge de sa dernière fille...Se fue, bastante
triste, repitiendo : "Ojala tuviera 40años menos... Malaya el amor! Que en otro lo ve pero no en mi...Ojala tuviera 40años menos!"...et le fond du bus, en choeur, à fréquence régulière
et riendose a carcajadas: 'cuidao, que se muere el abuelo, que se muere!'...moi, il m'a émue, vraiment...je ne vous oublierai pas, Señor Calle, c'est promis...]........ Ica>Nazca.
>>Au total, 6heures 1/2 de trajet à peu près...
Nazca, descente du bus, il fait nuit, pas de plan... j'arrive sur une petite place. Un jeune homme dans une agence proposant des tours dans la région. Il est
souriant :) J'entre. On discute, je lui dis que je bosse à Lima (un cousin à lui étudie à la Ricardo Palma), que j'ai rien de prévu mais que j'aimerais bien passé un we
tranquille... Un peu d'argot aux couleurs de la capitale dans mes paroles le fait rire. Cool. Le contact passe bien. Il appelle un ami, propriétaire d'un tout nouvel hôtel
dans le centre "El Mono Diamante" (calle Lima) pour qu'il vienne me chercher, m'offre une chambre pour me reposer (avec douche avec eau chaude...waaaaa, nickel) et m'indique le
meilleur endroit de la ville pour manger...Euh, que demander de plus? Vraiment chanmé! La ville est petite (pueblo) mais assez accueillante. Après manger, je me promène un peu Plaza de
Armas, calle Bolognesi... On est samedi soir, la fièvre (no la influenza, hé?!) est bien présente. Il y a du monde dans la rue. Un verre de Pisco, l'alcool national justement produit dans la
région, dans un bar sympatoche et je file me coucher.
Le lendemain, lever pour 8:00, j'ai RV avec César, le jeune homme rencontré la veille. Il me demande si j'ai bien dormi et si je suis d'attaque pour la journée. Réponse: Affirmatif (j'ai même
pris une douche! héhé! la classe internationale!). Un petit tour de la ville en voiture puis direction l'aérodrome (situé à 4km du centre)... L'aérodrome?? Eh oui, mes amis! Je vous parle de
NAZCA : ces 5 lettres ont fait des milliers de fois le tour du monde. C'est là qu'en plein désert ont été traçées les lignes qui ont suscité tant de polémiques scientifiques et de divagations de
fondus de surnaturel. Et c'est pour ça que je m'y suis rendue! Depuis leur découverte, la ville vit exclusivement du tourisme, sous la surveillance sèche des dunes et des collines nues. La ville
n'a vu le jour qu'en 1821, alors que la région était peuplée depuis des milliers d'années et qu'elle fut le foyer de la belle et énigmatique culture nazca. Direction, donc, l'aérodrome disais-je
pour le survol des mystérieuses lignes. César travaille avec la compagnie Aerocondor. Résultats: Zéro attente et Prix négocié :)) 50$ (soit 150NS, soit 37,5Euros) + les 20NS de taxe
d'aéroport obligatoire. Projection vidéo résumant l'histoire des lignes et les différentes théories interprétatives (repères de veines hydrauliques souterraines, calendrier
astronomique, technologie propre à la culture nazca, messages laissés par des extraterrestres, etc. ???). Les lignes, grâce à l'oeuvre de 'la fille de la pampa', Maria Reiche -une Allemande
qui a consacré sa vie à l'étude du phénomène-, ont été inscrites au Patrimoine mondial de l'Unesco en 1994. Le vol sera d'une 1/2heure. L'appareil, un Cesna 206 (5places, devinez qui a été nommée
co-pilote? J'crois qu'j'ai définitivement la tête de l'emploi, ça se vérifie sur tous les continents...). C'est parti! Survol d'un énorme plateau désertique, vous voyez le Sahara? Bah
pareil! C'est dans cette pampa aride que le savant américain Paul Kosok découvrit en 1939 à partir d'un petit avion, d'étranges figures -déjà relevées en 1927 par un Péruvien, Toribio Mejia
Xesope- mais que personne n'avait encore étudiées. Ces motifs gigantesques, dessinés ou gravés à même le desert, probablement entre l'an 300 et l'an 900 de notre ére par ce que l'on appelle "la
civilisation Nazca", représentent soit des dessins géométriques, soit des animaux stylisés. Heureusement que César m'avait prévenu (je me souviens aussi des précieux conseils de mon amie minhota
Telma, dédicace pour toi linda!) de ne rien avaler avant de voler. En effet, le vol ressemble plus à un vol de l'extrême type montagnes russes avec vrilles à 90degrés à gauche puis à droite
(pour que tout le monde en ait pour son argent...). Dans l'ordre, j'ai eu l'occasion d'admirer : la baleine, les trapèzes, l'astronaute, le singe, le chien, le condor, l'araignée, le colibri, le
Héron, le perroquet, l'arbre, et finalement les mains. 12 figures au total. Au début, un peu de mal à les repérer puis, rapidement, l'oeil s'habitue. De nouveau sur la terre ferme, je
retrouve César, partage mes impressions et lui demande son opinion au sujet des lignes. Lui aussi croit davantage à la thèse du calendrier astronomique. "Nazca c'est ça, le visiteur arrive avec
pleins de questions et repart, en ayant vu les lignes, sans réponses..." me dit-il, tout en me raccompagnant vers le centre ville. Je le remercie pour tout et continue ma route en solo.
On est dimanche. Et, comme chaque dimanche, dans chaque ville du pays, sur chaque Plaza de Armas, on défile. Les écoliers et les travailleurs défilent, au son d'un orchestre militaire et sous les
couleurs du drapeau national. L'occasion de faire quelques photos choc à chaque fois! Dimanche c'est aussi jour de marché. Le marché de Nazca est vraiment cool et grand. J'en profite pour manger,
en m'attablant à différents stands... Mmmmmm..una causita énorme et bien rica pour seulement 2NS, puis un cebiche (THE spécialité nationale, Riiiiiiico!) copieusement servi pour 3NS, un
vasito de chicha morada (obligatorio)....miam! 'tou satisfeita, comme on dit chez nous! ;)) Je continue ma ballade en ville, puis décide de me rendre à Ica, point de départ de la
libération du pays par San Martin et berceau de l'auteur de l'hymne national et du premier président civil, Domingo Elias. Le bus est en train de partir, je fais signe au chauffeur, il
restait quelques places, coool, je monte, Vamos'embooooora!
Arrivée à Ica, la capitale viticole du pays, ça me parait de bon augure et pourtant, la ville est d'apparence assez déglinguée... Je descends du bus, trouve un taxi sympa
(c'est-à-dire pas cher) pour m'emmener direction la Huacachina. Une oasis perdue au milieu des dunes de sables bien que non loin du centre ville (4km). Le site est assez fréquenté mais très beau.
Je fais le tour de la lagune, bordée de palmiers, quelques hôtels et restos. La plupart des gens y viennent pour s'adonner aux joies du sandboardind (surf sur le sable). Méthode: louer/se
procurer une planche de snowboard, première étape. Maintenant, il s'agit de grimper tout en haut d'une dune et de se laisser glisser jusqu'en bas! Je décide de m'asseoir au bord du lac et
d'observer. Il semble, assez logiquement, qu'après 3 ou 4 remontées, c'est-à-dire après s'être bien enduits de sueur -ici, il fait chaud- et de sable, la plupart des gens en ait
relativement ras le bol....Je continue dans mes pensées lorsque s'approche un jeune homme avec une cigarette. On discute tranquillement, il me demande ce que je fais ici au lieu d'être en train
d'essayer ces glissades...Blablabla...Propriètaire et chauffeur professionnel d'un Dunebuggy (grosse voiture, puissante, avec arceaux de sécurité en guise de toit), il m'offre de me joindre
à un groupe pour une sortie dans le désert (la dernière de sa journée) à un tarif défiant toutes concurrences. Il reste une place. L'idée me tente. J'accepte.
Deux heures après, à l'heure au RV, je fais connaissance de l'équipée fantastique à laquelle j'allais me joindre. 7 personnes : 3 touristes péruviens, dont un médecin, 1 colombien et
son assistant personnel, le chauffeur du buggy (Kike) et moi (la plus jeune d'assez loin). La team est complète, on est solidement ceinturés, c'est partiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !! A toute
berzingue, 'Noooooooossa' (dirait une très bonne amie à moi), on grimpe puis descend des dunes toutes plus hautes les unes que les autres à une vitesse folle. L'adrénaline est là, ça fait bien
flipper parfois mais c'est carrément trop bon!! Un quart d'heure après, première pause. Et là, surprise, le coffre du Buggy est plein à craquer de bières (Cuzqueña, pour ne pas faire de pub, dsl
c'est la marque nationale...). Je trouve ça choc. Nous voilà en train de trinquer au milieu du désert, Ica et la Huacachina sont déjà loin, invisibles. Juste nous, la comitiva esa et le
désert, impressionant. En fait, le Colombien, un grand commerçant exportateur de légumes à l'échelle mondiale, en affaires à Ica et non sans le sou (et c'est un euphémisme..) avait décidé de
passer faire des courses avant l'escapade afin de mettre tout le monde bien (une habitude selon les dires de son assistant)... Son état d'alcoolémie était déjà bien avancé mais l'homme semblait
être un habitué (il a fait tout le circuit une bière à la main sans broncher alors que tout le monde flippait sa mère autour...). Plusieurs verres, on fait connaissance tous, sympa! Nous voilà
repartis pour 10minutes de cavalcade entre les dunes. Deuxième pause. Re-bières. Les rires se font à chaque fois plus présents. Kike sort les planches de sandboarding. Je suis la seule à m'y
risquer. Plusieurs tentatives comme autant de gamelles...je finis par choper deux trois sensations sympas...Coool!!! Puis, Kike me montre du doigt l'autre versant de la même dune sur laquelle
nous étions....une pente de malade, une hauteur impressionante. Il me dit que celle-là, c'est pour tester sa peur, pour voir qui en a et qu'elle se descend complètement allongé sur la
planche, au plus près du sol... Je lui dis pas question. Trop flippant, j'laisse ça aux gue-dins...D'un coup surgit le Colombien, chaud bouillant (vous vous rappelez?). Il prend la planche,
s'allonge dessus, demande à Kike de l'aider et Hopppppp....dévale la dune sous nos yeux....Tout le monde, inquiets, de savoir dans quel état il allait arrivé (malgré la présence de notre ami
médecin)...Quelques secondes après, arrivé tout en bas, le type mort de rire, s'allonge sur le dos, tout en regardant la dune et nous crie "c'est la meilleure chose que j'ai jamais fait..." et
part dans une crise de rire (nerveux), ultra communicative... Je réévalue alors la pente qui me parait toujours aussi folle, kike s'en aperçoit et en profite pour m'encourager : "Allez,
Allez, tu verras comment tu te sentiras recontra-relajada après, c'est anti-stress à 100%"...Mes trois jours de taff par semaine ne me stressant pas particulièrement ;)) l'argument n'était
pas vraiment valable mais je me suis dit..."Je ne suis pas dans l'état de quasi-inconscience du Colombien mais Pucha... Qué chucha, il faut que je le fasse!"... Kike sort alors une seconde
planche, je m'allonge dessus, il m'aide à m'accrocher puis lâche le snow tout en lui donnant une forte impulsion et en me criant "Buena sueeeeeeeeeerteeee!"...Suit un long cri du type....
AhhahhhhhahhhahhhahhhhaaaaaaaA!! auquel j'ai du rapidement mettre un terme car j'aurais mangé tout le sable de ce fucking désert...j'atterie enfin à quelques mètres du Colombien, qui m'offre un
abrazo en me baptisant 'hermana'...Je souffle. Le reste de la comitiva nous rejoindra en bas, quelques minutes plus tard, avec le buggy. Une photo des warriors, parce qu'on l'avait bien
méritée et nous voilà repartis pour un moment. Troisième et dernière pause sur la dune la plus haute du parcours, 15minutes après. On finit les Cuzqueñas qui restent. Tous bien chauds mais tant
que le chauffeur peut conduire, ça va! Coucher de soleil au milieu des dunes. Couleurs incroyables (jaune>orangé>rouge>violet>rose>bleu... Ouuuufff!! paisajes preciosos!!). Un
autre buggy sortit de nulle part s'approche, ralentit à notre hauteur, le pilote nous demande si tout va bien, kike lui répond que oui, que nous n'avons pas été retenus par une panne mais par le
nombre hallucinants de bars qui ont poussés commedes champignons 'recien' dans la région ;))) L'autre se marre et s'en va...Nous aussi.
Une fois de retour à la Huacachina, nous allons fêter notre rencontre et le bon moment passé tous ensemble au bar du coin. Quelques canons plus tard...le Colombien décide de tous nous
inviter à manger avant de se séparer. Parilladas y Parilladas. Miam miam! Tout le groupe me raccompagne finalement jusqu'au terminal de bus. Je les remercie ici une fois de plus pour
l'après-midi et la soirée hallucinante passées ensemble. Il est 22:00, je monte dans le bus con rumbo a Lima. Un we de malade, bien canée. J'ai dormi pendant tout le trajet. Il est 2heures du
mat' lorsque je descends du bus. Panaméricaine, arrêt Puente Benavides : un peu louche pour quelqun qui connait pas, c'est comme être débarqué sur le bord du périph à Paris en pleine
nuit, mais tkt j'suis à la maison (c'est le coin de ma fac). Je marche un peu, trouve un taxi et rentre à Barranco, en casa! Fatiguée mais felizzzzzzz :))
the End...